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Badder
Le livre de Jospin lundi 24 septembre 2007 à 12h02
@Romain,
 
1) les partis bien qu'important perdent de leur importance par rapport aux personnalités, associations militantes, groupes de pressions etc. Leurs résultats électoraux ne sont même plus le signe d'une réelle force militante (exemple du Modem) mais de la médiatisation et du charisme de leur leaders (merci la 5ème République). Nicolas Hulot a réussit à faire progresser la cause écologique dans la société en 3 mois bien plus fortement que les Verts en une dizaine d'année.
 
2) Je suis d'accord avec toi sur les sociodémocrates qui ne peuvent être légitimes que s'ils se fondent sur un syndicalisme de masse.
 
2bis) Il y a des socialistes au PS, ceux qu'on nomme les gauchistes du PS. Cependant ils sont minoritaires. Les communistes ont dans leur rang bien évolué, la révolution n'est plus un objectif à court terme. Le réformisme, au sens authentique, n'est pas rejeté. Preuve en est,  la présence au gouvernement du PC.
 
3) C'est bien parce que Jospin pense à Delanoé qu'il se fourvoie. Delanoë, c'est le PS bobo. Si vous voulez prendre une raclée électorale c'est votre problème. Maintenat ceux que j'ai cité Jospin n'en veut pas bien qu'ils soient les leaders naturels à mon sens.
 
4) le PC est à terre depuis longtemps. Tu parles d'apparatchiks, comme si c'était spécifique au PC. Alors qu'au PS c'est également le cas. Encore de l'anticommunisme primaire dont on ne s'étonne plus de trouver à gauche. Les JC sont certes souvent composé d'enfants de militants, mais sociologiquement il évolue justement. C'est ce que je suis en train de t'expliquer. Quelque soit les résultats électoraux, la base populaire du PC est en cours d'adaptation à la réalité sociale actuelle. Ce qui n'est pas évident avec le PS qui se boboise à marche forcée.

Romain
Le livre de Jospin lundi 24 septembre 2007 à 11h49
Badder,
 
1) Les partis sont toujours le centre de la vie politique française. Je ne suis pas d'accord avec toi sur ce sujet. Ils constituent une force puissante lorsqu'ils sont correctement organisés.
 
2) Un parti social démocrate repose traditionnellement sur un lien avec le syndicat important. Ce n'est pas le cas en France a cause d'une erreur historique qu'est la Charte d'Amiens. Que l'on soit pas des socialistes selon ta lecture doctrinale, c'est pas la première fois que tu le dis. C'est tout de même une nouveauté que ce soit les communistes qui déterminent qui est socialiste ou non.
 
3) Je t'invite à lire le bouquin sur la question du leadership. Il ne dit absolument pas ce que tu racontes. Et pour être honnête, sans qu'il ne le cite jamais, Jospin pense plus à Delanoë qu'à tous ceux que tu as cité...
 
4) Le déclin du PC est entamé depuis longtemps. En 30 ans la chute est impressionnante et il ne survit que par la stratégie d'alliance avec le PS. Pire, le PC avait les moyens de se rénover en profondeur en tirant parti de son expérience gouvernementale, et ainsi de trouver une utilité propre. Au lieu de ça, il a, à chaque fois, critiqué les gouvernements auxquels il participait.
Il est alors pas paru comme un partenaire  constructeur de la gauche de gouvernement et pas crédible comme gauche de contestation.
Que la fête de l'huma soit un succés ne reflète pas grand chose (j'y étais moi même présent et si tout les présent était communiste, cela se saurait...). Les adhésions pour un parti politique se portent toujours bien une année électorale et il est un fait historique que la taille en adhérants du PC ne reflète pas son poids électoral. Les JC, pour les avoir fréquenté et de l'aveux d'amis communistes, sont pour la moitié des enfants d'apparachiks et ont une présence militante faible.
Enfin, sur le culte de la personnalité, j'ai bien précisé "autrefois" dans mon post précédent.

Badder
Le livre de Jospin lundi 24 septembre 2007 à 11h14
@Romain, les partis ne sont plus le delta et l'oméga de la vie politique française.
 
Le PS accepte l'économie de marché, c'est un fait. C'est donc non pas un grand parti de gauche que Jospin voudrait voir naitre, mais un parti socialdémocrate assumé.
 
Le MoDem a amorcé un virage nettement "démocrate" à l'américaine depuis que Bayrou se présente comme un opposant au gouvernement contrairement à sa doctrine du "ni opposant, ni valet" qu'il prétendait incarner. Le gouvernement UMP a largement recruté dans les rang centristes et sociodémocrates (sociolibéraux?) tout en amorçant une politique libérale très dure.
 
Jospin veut un leader, vraiment quelle idée novatrice. Lorsque des leaders émergent, comme Ségolène Royal, il la rejette. En fait il veut surtout un leader dans sa droite ligne politique. Les jeunes lions dont Montebourg faisaient l'éloge sont en réalité les vieux matous libéraux dont il a maintenant rejoint les rangs (Valls, DSK, etc.). Le seul qui aille dans la voie de la doctrine Jospin, c'est Benoit Hamon. Sinon il y a la garde rapprochée de Royal avec Ayrault et Dray. Jospin à mon avis ne fait qu'essayer de susciter un Jospin bis au PS. Il ne fait pas dans l'analyse politique mais dans l'attaque individuelle.
 
Sur le déclin présumé des communistes je souhaite te faire remarquer que la fête de l'Humanité a connu un record historique cette année, et que ces dernières années les nombre d'adhésions connaissent des records, de plus les JC se recréent un peu partout en France alors qu'elles avaient progressivement disparuent pendant la gauche plurielle. Ensuite c'est ridicule ton couplet sur le culte du leader du PC. Franchement Buffet, tu trouves que le PC la montre comme un leader ? Justement au PC, la direction tends à écarter toute personnalité trop charismatique pour faire émerger les toutous dociles à la direction nationale. C'est d'ailleurs bien ce que souhaite Jospin pour le PS.

Romain
Le livre de Jospin lundi 24 septembre 2007 à 11h00
Hier, j'ai lu le bouquin de Jospin : l'impasse.

Evidement, et il faut reconnaitre que le sujet est largement abordé, c'est un charge sans complaisance envers Ségolène Royal. La moitié du livre est consacré à décortiquer les primaires, la campagne et la défaite. La responsabilité de la candidate est présenté comme grande est lourde.
Je le dis franchement, je souscrit intégralement à sa thèse et je vous invite à la lire.
Ce livre fait l'objet de critiques de la part de nombreux camarades quand au moment choisi pour sa sorti; au moment où les socialistes devraient passer à autre chose, ce livre nous renvoie à la défaite.
Ces critiques ne sont pas sans fondement et il est clair que la première moitié du livre n'aura un intéret que lors de la désignation du futur candidat pour 2012. En nous renvoyant à nos erreurs passés, il pourrait permettre d'éviter une répétition.
La seconde moitié du livre, occultée par les médias, a une utilité directe en nous expliquant les défis que le PS doit relever. C'est plutôt optimiste. Si un important travail doit être réalisé, la situation n'est pas aussi catastrophique.
D'une part, le PS doit se doter d'un leader, chose qui n'est pas une évidence dans une gauche qui ne pratique pas le culte de la personnalité comme la droite le fait et le PC le faisait autrefois. Il y exprime les qualité d'un leader pour le PS.
D'autre part, la question des alliances. Elles se posent de façon naturelle à l'heure où les verts déchirés en interne montre des signes de limite de leur modèle politique et où le PC continue sa lente disparition qui semble innéluctable en l'absence d'une rénovation qui a de moins en moins de temps devant elle. Cependant, Jospin exclu à court terme un alliance avec le modem et conseille d'attendre des prises de position politique plus clair de la part du centre. Un grand parti de la gauche est l'approche qu'il semble préferer.
Enfin, dans les rapports au monde, le PS doit se moderniser sans pour autant oublier son socle historique. Dénoncant les faux procés sur le rapport à l'économie de marché (largement accepté dans les faits depuis longtemps), il nous invite à mieux définir nos prises de position.
Bref, c'est un livre qui nourrit le débat.